La contrefaçon en France est un problème culturel

(D’après Thaima Samman, responsable des affaires juridiques et publiques pour Microsoft France)

« Aujourd’hui, il y a un problème d’éducation du public [sur la contrefaçon logicielle en France]. Pour certain il est encore plus grave aujourd’hui de voler une tablette de chocolat que de pirater un logiciel à 500 euros. Mais depuis dix ans, la situation s’est améliorée. Au début, le taux de piratage chez les professionnels devait dépasser les 80 %, il est maintenant tombé à 43 %, selon la Business Software Alliance. Depuis deux ans, on assiste à une stagnation de ce déclin que j’assimile à la montée de l’usage d’Internet de l’image de gratuité totale qu’elle véhicule ainsi qu’au développement du peer-to-peer. »

« Le piratage cause chaque année, un manque à gagner estimé à 590 millions d’euros en France selon l’IDC. Cette contrefaçon professionnelle touche tout le monde mais gène davantage les petits éditeurs que les grands. Comme l’espoir de retour sur investissement est mince, ce système n’encourage pas la recherche logicielle et c’est un vrai problème hexagonal. Microsoft dépense sept milliards de dollars par an en recherche et développement. C’est un investissement qui ne se fait pas sans espoir de retour. »

« L’État à un rôle très important à jouer. Aux ÉtatsUnis, le taux de contrefaçon par entreprise se limite à 23 % et la moyenne européenne est à 35 %. Les 43 % constatés en France prouvent qu’il s’agit d’un problème culturel. Si l’État n’intervient pas pour avertir et mettre en garde, rien ne changera. Il est d’autant plus nécessaire de réagir que si jusqu’à présent la contrefaçon touchait principalement le domaine du logiciel, le phénomène s’est élargi à d’autres secteurs des nouvelles technologies. »